Nous adressons tout notre soutien à notre collègue, à sa famille, à ses proches, ainsi qu’à l’ensemble de la communauté éducative de l’établissement, profondément marquée par cet acte de violence.

Au-delà du choc et de la sidération, cet événement tragique rappelle avec brutalité que celles et ceux qui ont choisi de servir l’École de la République, de transmettre des savoirs et des valeurs, peuvent encore être exposés à des violences inacceptables dans l’exercice même de leurs missions.

Cet évènement illustre les tensions croissantes auxquelles sont confrontés les personnels de l’Éducation nationale et s’inscrit dans une succession de drames qui interrogent la banalisation progressive de la violence en milieu scolaire. Notre académie en paie à nouveau le prix fort, après l’agression au couteau de notre collègue du lycée horticole d’Antibes en septembre dernier.

Lorsque l’agression, la menace ou le passage à l’acte deviennent pensables, c’est toute la mission éducative de l’École qui est fragilisée. L’École doit rester un espace de protection, de dialogue et d’apprentissage du respect de l’autre.

Face à cette réalité, les moyens de prévention, d’accompagnement et de prise en charge ne sont pas à la hauteur des enjeux.

Le manque de personnels médico-sociaux et de vie scolaire empêche une prise en charge précoce et coordonnée des élèves en difficulté. Par ailleurs, lorsque les équipes éducatives alertent, orientent, signalent, elles se heurtent trop souvent à l’absence de réponses effectives de la part des services de santé ou de la protection de l’enfance, faute de moyens adéquats. Cette situation montre à quel point des services publics dotés des moyens nécessaires sont indispensables pour protéger les élèves, soutenir l’École et ses personnels.

La violence en milieu scolaire ne peut être traitée par des réponses simplistes ou sécuritaires. Les mesures telles que les contrôles de sacs à l’entrée ou à la sortie des établissements scolaires, déjà expérimentées, n’apportent aucune réponse durable et détournent l’attention des véritables besoins.

Elle appelle au contraire des politiques publiques ambitieuses, fondées sur le renforcement des équipes éducatives, médico-sociales et psychologiques, ainsi que sur l’amélioration des conditions de travail et d’apprentissage.

La FSU06 réaffirme que l’École a besoin de temps, de moyens et de personnels formés pour prévenir les situations de rupture, protéger les personnels et garantir un cadre scolaire serein et sécurisant pour toutes et tous.