Le ministère de l’Éducation nationale ne peut désormais plus nier la réalité : le système actuel des AESH est à bout de souffle. C’est le constat même du rapport conjoint IGÉSR-IGAS publié le 22 mai 2026 sur l’école inclusive.

Ce rapport officiel reconnaît ce que la FSU dénonce depuis des années : précarité massive, temps incomplets imposés, multi-affectations, faible reconnaissance et explosion des besoins dans les établissements. Le ministère admet lui-même que les AESH sont devenu·es le « principal levier » de l’école inclusive tout en portant « le poids d’un système à bout de souffle ».

Mais alors que le ministère reconnaît officiellement la précarité structurelle du métier, il refuse toujours de répondre à la revendication centrale : la création d’un véritable corps de fonctionnaires pour les AESH.

Pire encore : le rapport IGÉSR-IGAS écarte la création d’un corps de fonctionnaires pour l’ensemble des AESH. Le ministère se limite à envisager des ajustements marginaux et la création de nouveaux métiers dits d’« accessibilité pédagogique », qui ne concerneraient qu’une minorité de personnels, environ 20 % selon les analyses du Café pédagogique.

Depuis des années, les gouvernements successifs développent l’école inclusive sans lui donner les moyens humains et budgétaires nécessaires. Les AESH servent de variable d’ajustement d’un système qui repose sur des contrats précaires, des salaires insuffisants et du travail invisibilisé.

Le ministère parle désormais de « virage de l’accessibilité ». Mais sans reconnaissance statutaire des personnels, ce discours ressemble surtout à une nouvelle tentative de contourner la question centrale des conditions de travail et de rémunération des AESH.

La réalité est connue : les AESH exercent des missions pérennes relevant pleinement du service public d’éducation. Elles et ils accompagnent chaque jour les élèves en situation de handicap, assurent un travail éducatif essentiel et permettent concrètement l’accès à l’école pour des milliers d’enfants.
Il est donc inacceptable que ces personnels restent maintenus dans la précarité.

Aussi, à l’appel d’une large intersyndicale, les AESH seront mobilisé·es ce mardi 9 juin.