Après plusieurs mois d’attente, l’intersyndicale a enfin été reçue le 27 janvier 2026 par les ministères de l’Éducation nationale et de l’Agriculture. Cette audience, obtenue de haute lutte, portait sur une revendication centrale : la création d’un véritable statut de fonctionnaire pour les AESH, condition indispensable à la réussite de l’école inclusive.
Un profond malaise chez les AESH
L’intersyndicale a exprimé avec force le mépris ressenti par les personnels AESH, notamment après les propos tenus par le ministre au Sénat le 7 janvier dernier. La comparaison faite entre le temps de travail des professeur·es des écoles et celui des AESH est jugée inacceptable : elle met en concurrence des métiers différents et invisibilise la réalité du travail des accompagnant·es.
La FSU a rappelé que les AESH ne doivent pas être contraint·es d’effectuer des missions supplémentaires (administratives, vie scolaire, prise en charge élargie des élèves à besoins particuliers) pour espérer un temps plein.
Un statut de fonctionnaire est indispensable pour garantir des conditions de travail dignes, une reconnaissance professionnelle et la stabilité nécessaire à l’accompagnement des élèves.
Une revendication sociale largement partagée
La FSU a souligné le succès massif de la pétition nationale, révélateur d’une exigence sociale forte : construire une école réellement inclusive.
Si le ministre évoque des « études d’impact », la FSU exige désormais des engagements concrets :
- la mise en place de groupes de travail formels avec les organisations syndicales ;
- une réflexion nationale sur les missions, le temps de service, la mobilité et la grille indiciaire ;
- la création d’un corps de fonctionnaires de catégorie B.
La FSU a également dénoncé une précarité fortement genrée : les AESH sont majoritairement des femmes, et leur sous-rémunération repose encore trop souvent sur une banalisation des métiers du « care ».
Des réponses ministérielles encore très floues
L’administration affirme que le ministre souhaite « porter » le statut des AESH, mais sans calendrier précis. Le sujet serait renvoyé à la Conférence nationale du handicap, une instance non représentative, ce que l’intersyndicale conteste fermement.
Des groupes de travail au MEN sont annoncés, ainsi que la publication prochaine d’un rapport IGAS–IGESR sur les missions et le statut des AESH.
En revanche, l’intersyndicale dénonce le cadre de gestion des AESH validé sans réelle concertation, et exige sa transmission immédiate.
Concernant l’organisation du travail, le ministère mise sur l’implantation des AESH dans les établissements, expérimentée dans trois départements. Si cette piste peut réduire l’isolement professionnel, elle devra être évaluée avec la plus grande vigilance.
La FSU reste mobilisée
La FSU sera extrêmement vigilante sur la réalité des engagements pris.
L’urgence est claire : sortir les AESH de la précarité, reconnaître pleinement leur métier et garantir les droits des élèves en situation de handicap.
La FSU s’engagera, avec l’intersyndicale et les associations de parents, dans une mobilisation au long cours, jusqu’à une action nationale d’ampleur, pour :
- un statut de fonctionnaire pour les AESH,
- une revalorisation salariale et des conditions de travail dignes,
- une école publique réellement inclusive.
ALPES-MARITIMES